Reflet. Un reflet fixe montrant du
mouvement. Les feuilles dansent un ballet dirigé par le vent,
composé par l'atmosphère. Ces danseuses ont de belles robes
aujourd'hui : verte, jaune et même rouge. Cette chorégraphie
n'est pas grandiose et ne donne pas dans l'emphase. Qu'elle est belle
pourtant ! Solide rigidité du tronc embrassée par la souplesse
et le suave de ses branches. Balancier qui n'est pas que cela, gestes
aléatoires et gracieux. Pure poésie bucolique. Les feuilles
paraissent chaudes, la sève ruisselle à belles gouttes couleur
ambrée. Transpiration végétale. Spectacle diffusé par réfection
du verre tactile. Le téléphone en devient envieux, ébloui par
cette grâce spontanée. Les sels minéraux du sol entrent en
résonance avec le minéral froid, toxique et ensanglanté du
matériel.
Jalousie grimpante, désir brûlant
insatisfait, devient colère grimpante. L'arbre danse toujours,
voluptueusement, l'appareil humain s'enfonce dans la terre. Il
descend doucement, attiré par la gravité des pôles. Magnétisme
planétaire, polarité fondatrice des profondeurs et des surfaces.
L'arbre grandit, le bloc de minéral tombe. Magma bouillonnant, sève
ruisselante, plaque ferrugineuse glacée. Matière en translation,
trajectoire incurvée discontinue, constellation axiale. Ce n'est que
rencontre mais rien ne se touche atomiquement. Nous nous croisons,
rien de plus
Max Allais
Max Allais